Devis & entreprises · Genève 2026
Choisir une entreprise et lire un devis de rénovation
Un devis de rénovation de salle de bain engage CHF 15'000 à 35'000. Trois offres pour la même pièce peuvent différer de moitié sans que l'une soit malhonnête : elles ne décrivent pas le même travail.
Voici ce qu'il faut vérifier avant de signer, et les protections dont vous disposez ensuite.
Les vérifications préalables
L'inscription au registre du commerce. La recherche est gratuite et publique sur le registre fédéral. Vous y trouvez la forme juridique, la date d'inscription, les personnes autorisées à signer et le siège.
Une précision utile : l'inscription n'est obligatoire que pour les sociétés et pour les raisons individuelles dépassant un certain chiffre d'affaires annuel. Un petit artisan indépendant peut donc légitimement ne pas y figurer. Ce qui mérite une question, c'est un écart entre ce qui est inscrit et ce qui est annoncé — siège, raison sociale, signataires.
L'extrait du registre des poursuites. Vous pouvez demander à l'entreprise de vous en fournir un récent. À Genève, l'extrait officiel coûte CHF 17 et se commande en ligne ou au guichet. Il donne une indication sur la situation financière de l'entreprise avec laquelle vous vous apprêtez à verser des acomptes.
L'attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle. À demander et à vérifier en cours de validité. Elle couvre les dommages causés pendant le chantier, chez vous et chez les voisins.
Le numéro de TVA. Il figure sur le devis et se vérifie en ligne. Son absence n'est pas anormale pour une petite structure sous le seuil d'assujettissement ; une incohérence l'est.
Deux références locales récentes. Pas des témoignages publiés : deux clients genevois des douze derniers mois, que vous pouvez contacter.
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Demander un devis gratuitCe qu'un devis complet contient
Un montant global n'est pas comparable. Sur une rénovation complète, ces éléments devraient être identifiables ligne par ligne :
| Poste | Ce qui doit être précisé |
|---|---|
| Dépose | Ce qui est démonté, ce qui est conservé |
| Déchets | Qui évacue, et est-ce compris |
| Amiante | Un diagnostic est-il prévu si l'immeuble date d'avant 1990 |
| Plomberie | Conduites conservées, renouvelées ou déplacées |
| Étanchéité | Système prévu, surfaces couvertes, hauteur sur les parois |
| Carrelage | Fourniture, pose, préparation du support |
| Sanitaires | Marques et références, pas « fourniture sanitaires » |
| Électricité | Mise aux normes comprise ou non |
| Tarif horaire | Indiqué en toutes lettres |
| Délais | Date de début, durée, pénalités éventuelles |
| Paiement | Échéancier, acomptes, solde |
| TVA | Montants HT ou TTC |
| Travaux supplémentaires | Comment ils sont validés et facturés |
La dernière ligne mérite une attention particulière. Un chantier de rénovation réserve souvent une surprise après la dépose : conduites vétustes, support dégradé, matériau à analyser. Ce qui se vérifie au moment de la signature, c'est que la procédure est écrite à l'avance — devis complémentaire signé avant exécution, ou facturation au tarif horaire convenu.
Sur le périmètre des travaux et les fourchettes de budget applicables à Genève, voir notre page consacrée aux prix.
La norme SIA 118
La SIA 118 est la norme suisse qui régit les conditions générales des contrats de construction : réception des travaux, délais de garantie, procédure en cas de défaut. Elle ne s'applique que si le contrat y renvoie expressément.
Sa mention dans un devis indique que l'entreprise travaille dans un cadre normalisé plutôt qu'improvisé. Elle ne dit rien en soi de la qualité d'exécution, et certaines de ses clauses ont été rendues caduques par la révision du droit entrée en vigueur en 2026 (voir ci-dessous). Ce qui compte pratiquement, c'est de savoir si elle s'applique à votre contrat et dans quelle version.
Ce qui a changé au 1er janvier 2026
Une révision du Code des obligations est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Elle renforce la position du maître d'ouvrage et modifie des règles que beaucoup de propriétaires — et de contrats — n'ont pas encore intégrées.
Le délai pour signaler un défaut est désormais de 60 jours au minimum. Il vaut aussi bien pour les défauts apparents que pour les défauts cachés, et court dès la livraison de l'ouvrage ou dès la découverte du défaut. Auparavant, l'avis devait être donné immédiatement.
Ce délai ne peut pas être raccourci par contrat, et le droit à la réfection ne peut pas être exclu. Une clause contraire est sans effet.
Cela rend caduques certaines clauses de la norme SIA 118 qui imposaient un avis immédiat des défauts cachés. La SIA a publié un correctif, mais il doit être expressément convenu entre les parties pour s'appliquer.
Le délai de prescription reste de cinq ans et devient partiellement impératif : il ne peut plus être raccourci contractuellement comme cela se pratiquait parfois.
Ces règles s'appliquent aux contrats conclus à partir du 1er janvier 2026. Les contrats antérieurs restent soumis à l'ancien droit.
Les sûretés et la retenue
Deux mécanismes différents sont souvent confondus.
Pendant le chantier, la norme SIA 118 prévoit que le maître d'ouvrage peut retenir une part des acomptes jusqu'à la réception de l'ouvrage. Cette retenue porte sur des travaux en cours et se libère à la réception.
Après la réception, la garantie des défauts se sécurise autrement : par une garantie bancaire ou d'assurance fournie par l'entreprise, ou par une retenue convenue contractuellement pour la durée du délai de garantie.
Ces modalités se négocient au moment du devis, pas à la fin du chantier. Elles doivent figurer par écrit, avec leur montant, leur durée et les conditions de libération.
La réception des travaux
C'est la réception qui fait courir les délais de garantie. Elle mérite d'être préparée.
Ne signez pas un procès-verbal sans avoir inspecté. Examinez en éclairage naturel : alignement du carrelage, joints, fonctionnement des évacuations, absence de trace d'humidité, robinetterie, ventilation.
Consignez par écrit tout défaut constaté, même mineur, avec un délai de correction convenu.
Conservez l'ensemble du dossier : devis signé et ses annexes, avenants et devis complémentaires, procès-verbal de réception, attestation d'assurance, factures, échanges écrits avec l'entreprise, et photos datées prises pendant et après le chantier. En cas de désaccord, ce sont ces éléments qui permettent d'établir ce qui avait été convenu.
Les signaux d'alerte
- Un montant global sans détail des prestations
- Un acompte important demandé avant tout début de travaux
- Aucune attestation d'assurance fournie sur demande
- Une pression pour signer rapidement, ou une remise valable « jusqu'à demain »
- Un tarif horaire non indiqué
- Aucune mention de ce qui se passe en cas de travaux supplémentaires
- Un prix nettement inférieur aux autres sans explication de périmètre
Sur ce dernier point : un devis moins cher peut simplement correspondre à un périmètre plus restreint. La question à poser est ce qui en a été exclu.
Questions fréquentes
Combien de devis demander ?
Trois suffisent généralement. L'essentiel est qu'ils portent sur le même périmètre : donnez à chaque entreprise la même description écrite de ce que vous voulez.
Le moins cher est-il forcément le moins bon ?
Non, mais il faut savoir pourquoi il est moins cher. Souvent, un poste manque : l'étanchéité, l'évacuation des déchets, la mise aux normes électriques ou le diagnostic amiante.
Faut-il payer un acompte ?
Un acompte à la commande est usuel, notamment pour les équipements commandés spécialement. L'échéancier doit figurer au devis.
Que faire si un défaut apparaît après les travaux ?
Le signaler par écrit, en décrivant le défaut précisément et en datant le courrier. Pour les contrats conclus depuis le 1er janvier 2026, vous disposez d'au moins 60 jours à compter de la découverte. Le délai de prescription des droits de garantie reste de cinq ans.
Une entreprise doit-elle être certifiée ?
Il n'existe pas de certification unique pour la rénovation de salle de bain. Ce qui se vérifie objectivement, c'est l'inscription au registre du commerce lorsqu'elle est requise, l'assurance responsabilité civile professionnelle, et les conditions contractuelles applicables.
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